|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Flashback un an plus tôt (octobre 2001) pour mon premier marathon, organisé par mon club à Saint-Vit (Doubs) : 2h59min58s .... au terme d'un sprint sur le tour de piste menant à la ligne d'arrivée. Et à peine franchie cette ligne, je savais déjà que j'allais remettre ça un peu plus tard, pour effacer cette déconvenue. Car il s'agissait bien là d'une déconvenue ! Parti pour 2h45 (minimas pour les France sénior), j'ai vu peu à peu mes camarades abandonner, succombant à la chaleur et au vent. Et il aura fallu se faire violence à la fin du premier tour (km 21) pour repartir sur le 2e, alors que bon nombre de concurrents s'arrêtaient là (la moitié abandonneront la course) et que j'étais moi aussi déjà "cramé". Je finis, comme rarement j'ai fini une course : complètement HS (5 min au km dans les 5 derniers), et lorsque je rentre dans le stade pour les derniers 400m, je vois le chrono qui défile et je me rends compte qu'en terminant à ce rythme, je vais mettre plus de 3h. "Pas possible", me dis-je, piqué dans mon orgueil. Alors, je tente un sprint complètement fou, sous les encouragements de la famille et des amis venus assister à mon bizutage sur marathon. Il s'en est fallu de peu : 2 secondes ... Nous voici donc un an plus tard, au départ des 42,195 km, avec la même motivation : descendre sous les 2h45. Le choix s'est porté sur Reims : un marathon relativement roulant, non loin de Besançon et avec suffisamment de monde pour ne pas se retrouver seul dans la course. Différence de préparation par rapport à Saint-Vit : spécifique sur 8 semaines (au lieu de 14), et pas de "vrai" régime dissocié, afin de ne pas arriver fatigué sur la ligne de départ. J'arrive la veille du départ et je rejoins mon pote Steph (venu également pour son 2e marathon, après celui de Paris), pour une soirée au calme dans le centre-ville de Reims. Départ à 10h devant la célèbre cathédrale, par temps assez frais (6°C). Les conditions météos sont bonnes. Tous mes temps de passage sont mémorisés (5 premiers km, puis tous les 5). La vitesse de croisière sera à 3min50s/km N'ayant pas de dossard élite, je ne rejoins les poursuivantes féminines (françaises et russes) qu'au km 5. Les premières, je ne les reverrai jamais !... Passage au km 10 un peu rapide, en un peu moins de 38min. Passage au semi en 1h21, avec de très bonnes sensations. La foulée est toujours souple : j'ai la curieuse impression de "voler". Je me sens super bien. La course est assez rapide, il y a du monde. Bref, c'est le pied de passer à mi-course dans de telles conditions ! Un petit coucou à la famille de Steph et on attaque le 2e semi. A partir du km 25, je me rends compte que ce marathon n'est pas si plat que cela : les multiples passages de ponts commencent à faire mal et cassent le rythme. Vers le km 28, je rejoins un groupe de 3 vétérans, tous très expérimentés, avec des références à moins de 2h40. Je sens que c'est le bon groupe pour aller au bout. On se relaye, on s'encourage (compte-tenu de ma jeunesse sur la distance, je me souviens même leur demander de m'aider à "faire le chrono"). Malheureusement, l'un des coureurs commence à lâcher vers le km 31. Un de ses camarades décide de l'attendre. Nous ne sommes plus que 2. Et au km 32, mon compagnon lâche à son tour. Je sens que la fin de course va être raide, surtout en étant seul. Et cela se confirme au km 34 : ce fameux mur dont tout le parle ... le voilà ! J'absorbe un gel "coup de fouet", mais rien n'y fait. Les jambes sont dures. Ca va se jouer dans la tête. Je me relance un dernier coup dans les 2 derniers km, alors que je me fais remonter par une russe. Dernier virage, je regarde mon chrono : ouf, je vais être dans les temps, sans avoir à sprinter. Ca tombe bien : je suis un peu sec. Résultat : 2h44min56s et une 45e place (sur 1500). Le premier en 2h12 min Après l'arrivée, mon premier coup de fil sera pour mon père, lui qui m'a initié à la course à pied il y a quelques années. Malheureusement, une grosse déception m'attend le lendemain, lors de la publication officielle des résultats : le temps retenu est de 2h45min08s, c'est à dire le temps du starter et non celui de la puce (ou de mon chrono que j'avais déclenché sous la banderole de départ). L'amertume sera d'autant plus forte que j'avais calé toute ma course sur le temps de puce ... ce qui me semblait plus logique car c'est le vrai temps de course pour tout le monde (et surtout pour ceux qui ne bénéficient pas d'un dossard élite). C'est ainsi, il n'y aura pas de championnats de France de marathon. Et il me faudra plusieurs semaines pour récupérer moralement. Mais, comme dans toute chose il faut pouvoir discerner le côté positif, peut-être est-ce là une invitation à refaire un marathon ... en se donnant une marge plus importante ... pour éviter la désillusion de quelques secondes. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||