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Vendredi 20h, Chamonix : jamais les anciens n’ont vu le centre-ville aussi comble. 1600 ultra-trailers au départ et quelques milliers de spectateurs. Les coureurs sont impatients d’en découdre, mais redoutent également cette 2e édition de l’UTMB pour n’avoir vu arriver que 10% des partants en 2003.
Heureusement cette année, la météo est beaucoup plus clémente. Pas un nuage dans le ciel et on annonce du grand beau pour tout le WE.
Ceci ne m’empêche pas de partir avec tout l’équipement nécessaire pour affronter le froid et le mauvais temps.
Départ sous les encouragements d’Aude, une amie bénévole du MDS et de Gérard Verdenet venu voir la course et se préparer pour le Jungle Marathon.
Passage avec Alex devant l’hôtel où nous résidons (km 3) pour quelques clichés-souvenirs.
Nous restons ensemble pendant encore quelques km, puis chacun part dans sa course à hauteur des Houches.
On allume les frontales et on déplie les bâtons au début de la première bosse : le col de Voza.
Très vite, je décide de prendre mon rythme sans me soucier des autres coureurs. On verra bien si un groupe peut se constituer, mais je ne veux pas me faire embarquer sur un rythme trop élevé.
Passage au col vers 21h30. Petit arrêt raisins secs & banane, puis c’est la descente vers les Contamines. J’effectue les kilomètres de cette descente seul … sentiment bizarre : nous étions quand même 1600 il y a 1h30 et là personne devant, personne derrière. Je ne vois aucune frontale pendant un bon moment et durant quelques instants j’ai un doute : « je ne me suis tout de même pas déjà égaré ? ».
Mais juste avant les Contamines, je suis repris par une dizaine de coureurs. Je me dis qu’ils vont un peu vite.
Le passage aux Contamines se fait juste avant 23h dans une ambiance de folie, style Tour de France. Gérard est à nouveau là pour encourager.
Pause rapide où je commence à prendre mon rythme de ravitaillement : un coca pour se donner un peu de peps et une soupe au vermicelle pour apporter l’eau, le sel et les glucides. Du vrai bonheur cette soupe qui passe très bien, surtout que la fraîcheur de la nuit commence à se faire sentir.
C’est alors le début d’une très longue ascension, la plus longue de cette course : le col du Bonhomme. Nous passons d’une altitude 1100 à 2450.
A mi-pente, je sors la veste MP+ car la nuit est vraiment fraîche. La contrepartie, c’est que nous bénéficions du clair de Lune qui facilite notre progression.
Passage au col vers 1h30 avec « seulement » 1h de retard sur le premier.
S’en suit alors une descente très très « casse-gueule » entre pâturages et ruisseaux. Je me dis que ceux qui ont les chevilles fragiles vont déguster.
Arrivée aux Chapieux 1/2h plus tard pour la pause habituelle. Dans un moment d’égarement, je repars sans mes bâtons. Mais 50m plus loin, je me rends compte qu’il me manque quelque chose. Les bénévoles sont un peu surpris de me voir repasser dans l’autre sens ….
Passage au col de la Seigne (alt. 2500) vers 4h du mat’, après avoir ramassé pas mal de monde. Mais je n’ai alors aucune idée de mon classement.
Ensuite, il faut redescendre de 500m, puis remonter à 2500m sur l’arrête Favre : dur, dur.
Avant le sommet, 1ère surprise : je double Corinne Favre qui ne semble pas aux mieux. Je ralentis pour prendre des nouvelles : elle se plaint d’un mal de tête et d’une envie de vomir. Elle m’annonce aussi qu’il y a une autre féminine devant elle et on sent au ton de sa voix qu’elle est déjà résignée (elle abandonnera à Courmayeur).
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